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22 juin 2020

CHSCT du 19 juin : la FSU 46 quitte la séance après sa déclaration

CHSCT du Lot du 19 juin 2020 – Déclaration liminaire FSU

Monsieur le Dasen et président du CHSCT-sd 46,

Un petit bilan s’impose avant la fin espérée de cette crise sanitaire. D’un côté, un ministre omniprésent dans les médias, qui multiplie les annonces avec l’aplomb d’un M. Loyal. De l’autre, des parents en attente, en demande et déboussolés. Au milieu : le terrain, les directions, les profs, à qui il revient de faire tampon et d’écoper.

Petit retour en arrière. Souvenez-vous, le confinement. Lundi 16 mars, l’école française passe à distance, les profs, seuls, inventent un nouveau type d’enseignement en forme de pis-aller, où l’essentiel est de maintenir le contact pédagogique et humain. Et globalement, ça marche. Nombreux sont les observateurs qui saluent la créativité et l’engagement des enseignants. JM Blanquer attribuera quant à lui la réussite de cet enseignement à distance… à la plateforme du CNED, « Ma classe à la maison », une vaste supercherie inutilisable et inutilisée.

11 mai dans le premier degré, 18 mai pour les collèges, retour en classe et les enseignants n’ont pas abandonné leurs élèves qui ne reviennent pas et ont donc continué à préparer du travail pour les élèves restés à la maison, mission gourmande en temps et énergie. Puisque le ministre dit que tout va bien et que les écoles ont ré ouvert, les parents d’élèves ont de fortes attentes. Et lorsque ça coince, le coupable est immédiatement identifié par les parents d’élèves : c’est l’école de leur enfant et son enseignant qui posent problème.

Début juin : réouverture des écoles, acte 2 : tout le monde en classe, même en lycée, mais avec un protocole sanitaire inchangé…. Pour le ministre tous les enfants pourront être accueillis : « Toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir scolariser leurs enfants, au moins une partie de la semaine ». Ces propos, que beaucoup de parents interprètent comme l’annonce du retour à la normale, provoquent un vaste appel d’air dans le premier degré. Et ce seront encore une fois les directeurs qui géreront le service après vente et l’impossibilité de satisfaire toutes les demandes. Forts du blanc-seing offert par le ministre, mais ignorants des réalités protocolaires et logistiques de l’école déconfinée, certains parents contactent les directions d’école, sûrs de leur bon droit et du bien-fondé de leurs revendications. Des parents jusqu’alors compréhensifs deviennent subitement suspicieux quand leur enfant ne peut être accueilli à temps plein alors qu’eux mêmes sont contraints par leur employeur. Ici ou là, il est possible d’accueillir quelques élèves de plus, mais ailleurs, l’afflux de nouveaux élèves dans des classes parfois plafonnées à 8 / 10, diminue de fait le nombre de jours de présence des élèves en classe dans la semaine. Comme cette conséquence mathématique n’a été annoncée par le ministre que du bout des lèvres, beaucoup de parents ne comprennent pas pourquoi leur enfant ne peut être accueilli davantage et la déception est grande. Les responsables, une fois de plus, sont tout trouvés : l’école de leur enfant et les enseignants, accusés de blocage et de mauvaise volonté. La FSU a tenté de rétablir la vérité du terrain et contrer les propos du ministre : « Non, tous les élèves ne pourront être accueillis, même partiellement, […] Non, les salles de classes et les équipements sanitaires ne peuvent être multipliés ou agrandis en l’espace de quelques jours. Non, les collectivités ne peuvent mettre en place […] des dispositifs parallèles autres que la garderie. (…) Par ses déclarations, le ministre crée de l’instabilité tant chez les familles que chez les enseignants ».

Nouveau coup de communication le 14 juin : obligation pour tous de revenir en classe pour deux semaines. Le protocole sera allégé mais communiqué plus tard. Qui déplacera les bureaux pendant le week-end à part bien sûr les enseignants et les agents ? Qui réajustera les conditions de fonctionnement des établissements en lien avec le nouveau protocole si ce n’est les directeurs et les personnels de direction dans l’urgence comme toujours ? Et si le positivisme du ministre se heurte aux réalités sanitaires ou matérielles locales et empêchent d’accueillir tout le monde, le mécontentement, l’indignation de la presse, seront encore orientées vers les enseignants. Au sortir de cette crise, les enseignants, les personnels de direction, mais surtout les directeurs d’école sont totalement lessivés et déboussolés par cette année particulière. Et quelques mois après le suicide de Ch. Renon, qui avait mis en lumière leurs conditions difficiles, ils sont en apnée.

Il faut cesser d’annoncer unilatéralement des injonctions professionnelles par voie de presse avec exigence de mise en œuvre immédiate sauf à vouloir délibérément créer ou entretenir du mal être chez les collègues. Pour toutes les raisons citées ci-dessus, nous ne resterons pas aujourd’hui en instance. Nous attendons donc de votre part un soutien plus actif de la qualité de l’engagement de notre profession pendant toute cette crise. Nous souhaitons aussi une réelle réflexion concertée sur les modalités de la rentrée de septembre, lorsque ce sera possible.

FSU du Lot, le 19 juin 2020.

 

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