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22 juin 2016

Témoignages de militants présents à la manifestation parisienne contre la loi travail du 14 juin 2016

Quelques réflexions de militant-es FSU sur la journée passée à Paris le 14 juin 2016.

À l’arrivée à Paris, il n’y avait aucune organisation des pouvoirs publics, que ce soit pour garantir le bon déroulement de l’arrivée Porte d’Italie des nombreux bus de province ou la dépose des manifestant-es. D’où un immense embouteillage sur l’A6 et le périph. Nous avons dû descendre à pied le long de l’A6 et marcher jusqu’au départ de la manif, place d’Italie.

Tout semblait se dérouler normalement dans une ambiance très dynamique, sur les slogans « Retrait de la loi-travail ».

Dans le boulevard de la manifestation toutes les rues perpendiculaires sont barrées par des barrières, des camions et des policiers. Des centaines d’hommes mobilisés pour « nasser » la manifestation, il n’y a pas d’autres mots.

Assez vite, nous avons compris que les casseurs se trouvaient en tête de cortège. Simultanément des twits indiquaient que des casseurs agissaient aussi en queue de manif. Et la police dans tout ça ?

Presque aucun policier visible au départ de la manifestation. Mais le long du cortège ce déploiement impressionnant de CRS fermait complètement l’accès aux rues adjacentes (plusieurs cordons avec les fourgons derrière). Comment dès lors expliquer qu’en début et queue de manif, ils aient pu laisser entrer environ mille casseurs (d’après Médiapart) ? La manifestation est arrêtée. Les gens la remontent par les trottoirs, et essayent de refluer et fuir les gaz lacrymogènes. Les policiers refusent de laisser passer les gens par les rues adjacentes. Les manifestants sont piégés, c’est une véritable nasse !

La police a les moyens de « parquer » des centaines de milliers de manifestants sur des kilomètres de boulevards parisiens, mais serait incapable de maîtriser échauffourées de tête de manifestation ? Vue de l’intérieur, on ne peut que considérer que la gestion de la manifestation par la police est calamiteuse. Ou bien peut-on aussi s’interroger sur une volonté de provoquer des incidents pour discréditer le mouvement et cacher l’énorme mobilisation ?

Car oui, c’était une manifestation énorme, d’environ 1 million de personnes, comme l’a annoncé la CGT, avec toutes les organisations qui y avaient appelé. Dès le début, on a su que le pari de mobiliser était gagné et que la démonstration était faite d’un refus massif de la Loi-Travail.

Pour quitter la manifestation et retourner au bus dans les temps il était impossible de quitter le cortège : les policiers interdisaient la sortie sous motif que les manifestants sortis allaient se regrouper à l’ "extérieur" et recommencer à manifester. Les forces de l’ordre indiquaient même que c’était les consignes. Certains étaient gênés...

Les manifestants étaient piégé-es dans une nasse policière, tous les manifestants pacifiques venus là pour clamer leur indignation devant la loi-travail et qui cherchaient en vain une issue à la situation.

Au bout de plusieurs demandes à de nombreux barrages, un CRS a communiqué par radio et nous a affirmé que vers Montparnasse, on laisserait sortir !

Autorité ou autoritarisme ?

Les déclarations de président et du premier ministre au lendemain de cette journée de mobilisation envisageant d’interdire les manifestations en sont la preuve. Au lieu de prendre acte de la mobilisation de ré-ouvrir les discussions, les voilà portant une nouvelle atteinte aux libertés et à la démocratie. Lentement mais sûrement le pays glisse vers un régime autoritaire et une remise en cause des libertés fondamentales. La situation est grave.

En confrontant le vécu aux informations données par Mediapart, nous sommes convaincu-es que le Ministère de l’Intérieur, au lieu d’assurer la sécurité, a délibérément laissé entrer les casseurs en tête et fin du cortège, ce qui, cumulé avec les cordons de CRS sur les côtés, revenait à emprisonner dans un filet un million de manifestants et à les exposer délibérément à la violence des affrontements.

Dans quel but ? Pour les punir de leur résistance à la loi-travail et à la dictature du 49-3 ? Pour leur faire passer le goût de manifester ? Pour discréditer les syndicats et autres organisations d’opposition dans l’opinion publique, ça c’est sûr !

Pour trouver un prétexte d’en finir avec la contestation en interdisant les manifestations ? Les annonces le confirment. Une stratégie politique du pire dans un pays soi-disant démocratique.

 

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