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29 décembre 2018

Lettre à la rectrice et au Ministère sur l’école Rurale

A l’initiative des collectifs de défense des écoles rurales, une lettre à la rectrice et au ministère afin de demander principalement un moratoire sur les suppressions de postes.

Voir la conférence de presse sur la dépêche

La lettre est signée par certains syndicats représentatifs de l’éducation nationale, dont le Snuipp-FSU (Mais pas le SE-UNSA, qui après avoir participé à la conférence de presse, n’a pas souhaité s’associer à ce courrier !), les collectifs, l’AMRF, Mme la Vice Présidente de la Région Occitanie, M. le président de la FCPE, et proposé à la signature le plus largement possible aux élus : M. et Mme le Sénateur du Lot, M. le Président du département, M. et Mme la Député du Lot, Le président de l’AMF

à Madame la Rectrice

Rectorat de l’académie de Toulouse CS 87 703 31077 Toulouse cedex 4

Objet : Lettre ouverte à Madame la Rectrice de l’académie de Toulouse

Madame la Rectrice,

Dans le cadre de la finalisation de la « Convention pour un Nouveau Schéma Quadriennal d’Evolution de l’offre Scolaire dans le Lot 2018-2021 », et à l’approche de la prochaine rentrée scolaire 2019 nous souhaitons vous faire part de propositions partagées qui permettraient de pouvoir envisager cette rentrée et les suivantes dans des conditions bien plus sereines.

En l’état actuel des prévisions d’effectifs, nous avons de grandes inquiétudes pour la prochaine rentrée scolaire. Il ne nous parait plus acceptable de traduire les baisses d’effectifs par des suppressions de postes qui vont à nouveau générer incompréhension et révolte. Nos territoires deviennent de plus en plus fragiles, de moins en moins attractifs : depuis des années, cette seule réponse de l’État n’a fait qu’accentuer les problèmes, et engendre un sentiment d’abandon, d’injustice et de colère chez les citoyens et les élus.

La carte scolaire 2018 a généré d’importantes manifestations, dépôts d’écharpes tricolore, grèves, blocages et occupations d’écoles. A la suite de ces mouvements, l’ensemble des acteurs de l’école dans notre département a participé à de nombreuses initiatives, portées par des élus nationaux et locaux, conduisant à des propositions concrètes pour maintenir une école rurale de qualité et de proximité. Par exemple, à l’issue des Etats Généraux des Écoles Rurales du Lot : parents, citoyens, maires et élus municipaux de 90 communes, Député et Sénateurs, élus du Département du Lot, Vice-présidente de la Région Occitanie, des Syndicats enseignants, associations des Élus (AMF 46 et AMRF 46), Fédération de parents d’élèves, Collectifs de sauvegarde des écoles rurales ont réaffirmé leur confiance et leur attachement à nos petites écoles et ont validé 30 propositions porteuses d’avenir pour nos enfants et nos territoires, dans l’objectif vital d’inversion de la courbe de la démographie.

Ces participations massives attestent d’une immense attente sur la problématique de l’école, sur le devenir des services publics et l’avenir des territoires.

En écho au travail de réflexion mené et aux engagements pris par tous les acteurs du département pour une école innovante, un département dynamique et attractif, nous attendons de l’État un engagement fort, des moyens, des postes inscrits dans cette convention quadriennale pour nos écoles. Le seul maintien du P/E ne peut nous convenir.

Il nous semble important de vous informer des premiers éléments clés à intégrer dans cette convention pour envisager sereinement l’avenir et aider à la restauration d’un climat apaisé :

- Tout d’abord, l’arrêt des suppressions de postes dans notre département. Pour information, à la rentrée 2019, la fin des dédoublements des CE1 en REP nécessitera 4 100 postes. Le gouvernement en crée 1 800. Si, à la prochaine rentrée scolaire, l’Etat décidait de geler les suppressions de postes des 60 départements ruraux, avec en moyenne 15 postes supprimés par département, cela ferait 60 x 15 = 900 postes. Un chiffre bien modeste en regard des 11 000 postes qu’il a fallu pour tous les dédoublements depuis 3 ans. Cette demande d’arrêt des fermetures de postes est loin d’être utopique ou irréaliste : si l’Etat faisait ce choix, l’Etat affirmerait son engagement en faveur de la ruralité, en direction des écoles rurales, vers les enfants qui ne doivent pas voir leur école s’éloigner de leur domicile, vers des enseignants et des élus qui n’arrivent plus à se projeter sereinement dans l’avenir de leurs écoles. Le maintien de classes à faible effectif dans les territoires ruraux fragiles démographiquement ou isolés s’avère maintenant vital : ce choix est fait dans les zones d’éducation prioritaire, nous le revendiquons pour nos territoires au titre de la revitalisation rurale.

- Ensuite, l’arrêt des fermetures d’école contre la volonté des élus. Nous vous demandons de mettre un terme aux fermetures imposées par l’Etat sans l’accord ni la compréhension des élus, ce qui amène à des situations et des rapports conflictuels inutiles et néfastes.

- Puis, la notion de projet de territoire doit laisser le libre choix aux élus d’écrire leur projet soit en se réorganisant soit en maintenant et consolidant leurs écoles sur plusieurs sites, avec dans les deux cas, le soutien de l’Etat. Nous contestons l’utilisation du cycle 3 pour forcer un regroupement des écoles avec les collèges, ainsi que la mobilisation des internats comme éléments structurants de la nouvelle offre scolaire.

- Enfin, l’accueil des TPS et donc leur comptabilisation dans les effectifs des écoles est une nécessité dans nos territoire ruraux compte tenu de la rareté des structures d’accueil petite enfance. Le renforcement des équipes de RASED, CMPP et médecine scolaire pour permettre la détection et l’accompagnement précoce des élèves en difficulté, mais aussi le renforcement des moyens de remplacement pour répondre aux objectifs de formation et d’échanges d’expérience des enseignants sont désormais indispensables.

Nous demandons, Madame la Rectrice, à vous rencontrer très rapidement pour vous exposer plus précisément nos arguments afin de répondre aux besoins de l’école dans le Lot, dans un dialogue constructif.

Dans cette attente,

Nous vous prions de croire, Madame la Rectrice, en l’assurance de nos respectueuses salutations.

 

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