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11 décembre 2019

Retraite : des annonces qui renforcent la détermination des enseignant-es

Si le Premier ministre entendait rassurer les enseignantes et les enseignants des écoles sur son projet de réforme des retraites, c’est raté. Tout au contraire, il renforce leurs inquiétudes en annonçant un recul à 64 ans de l’âge nécessaire pour pouvoir bénéficier d’une pension à taux plein.

Au sujet de mesures de compensation salariale pour garantir un montant de pension équivalent à l’existant, il se contente d’évoquer des discussions à ouvrir entre le ministre de l’Éducation nationale et les syndicats courant 2020, des discussions qu’il entend mettre à profit pour « repenser le métier et la carrière des enseignants. » Le recours aux primes semble privilégié, accentuant l’individualisation des carrières, en contrepartie de missions supplémentaires et/ou d’objectifs remplis. En clair, travailler plus pour perdre moins, alors que le temps de travail des personnels enseignants des écoles est déjà supérieur à celui de leurs homologues des autres pays européens tandis que leurs salaires sont plus bas.

Il est clair que le mécontentement dans les salles des maîtres reste entier.

Et la colère dépasse le seul sujet des retraites : méthode de gouvernance verticaliste de l’école, enseignants réduits à des exécutants, dégradations des conditions de travail symbolisée par le suicide de Christine Renon, exigence de revalorisation salariale…

C’est pourquoi le SNUipp-FSU invite les enseignantes et les enseignants des écoles à poursuivre et amplifier la mobilisation tout au long des prochains jours et à faire du 17 décembre une puissante journée de grève et de manifestations pour exiger l’abandon du projet de réforme des retraites et des réponses aux colères enseignantes.

Passage en revue des principales annonces du Premier ministre

Age du départ en retraite reculé

Si l’âge minimal de départ en retraite serait conservé à 62 ans, le gouvernement envisage toujours l’instauration d’un âge d’équilibre. Cet âge, fixé 64 ans en 2027, se déclinerait en un bonus/malus, c’est à dire une décote si le départ en retraite s’effectue avant cet âge ou une surcote si le départ s’effectue après. Le rapport Delevoye proposait un taux de 5% par an.

Application du système à points aux générations post 1975 et système mixte jusqu’à la génération 2004

Le Premier ministre a annoncé un décalage des générations touchées par la réforme qui ne s’appliquerait qu’à compter de la génération née en 1975. Il a annoncé également un décalage de la mise en place de la réforme, qui s’appliquerait dès 2022 pour les entrants sur le marché du travail (génération 2004). Mais le bonus/malus s’appliquera tout de même dès 2027 à toutes les générations et donc incitera fortement à reculer l’âge de départ et à prendre sa retraite après 62 ans pour les salarié-es né-es à partie de 1965.

Comptes à l’équilibre

Le gouvernement n’envisageant pas d’accroitre les ressources pour financer les retraites, par exemple en augmentant les cotisations, la « trajectoire de retour à l’équilibre » financier du régime de retraites annoncée se fera forcément au détriment du montant des retraites, via une hausse des annuités requises pour partir avec une pension à taux plein ou encore via une mesure reculant l’âge de départ. Le gouvernement souhaite confier aux partenaires sociaux la mise en place de cette « trajectoire » mais le Parlement aura le dernier mot en l’absence d’accord. Cela pourrait également pousser à une accélération du calendrier de mise en place de la réforme comme l’exemple italien de 2009.

Minimum de pension

Il serait fixé à 1000€ soit 40 sous le seuil de pauvreté. Les enseignant-es même s’ils et elles ne sont pas concerné-es actuellement pourraient se retrouver avec un montant de pension inférieur t suite à une baisse liée à cette réforme et une carrière incomplète.

Sauf que ce minimum de pension sera de 1000 euros uniquement dans le cas d’une carrière complète, ce qui ne sera pas le cas de ces enseignant.es. Mais qui voudrait d’une pension de 1000 € après une carrière complète, pour une profession de catégorie A ????

Fin des 6 derniers mois (et des 25 meilleures années dans le privé)

La base de calcul de la retraite va donc intégrer dorénavant les moins « bonnes » années, celles de chômage, de temps partiel, de disponibilité, de faibles salaires… Cela aurait un effet ravageur en termes de baisse de pension notamment pour les enseignant-es qui ont une carrière ascendante et dont la retraite était calculée sur le dernier salaire. La prise en compte des indemnités actuelles (8% en moyenne) ne permettrait pas de répondre à cette baisse de pension.

La valeur du point

La garantie d’indexer la valeur du point sur les salaires sera insuffisante car le gouvernement envisage toujours de plafonner le financement des retraites à 14% du PIB alors que le nombre de retraité-es va augmenter. Cette garantie est illusoire et masque donc une baisse moyenne des pensions à venir.

Des assurances pour les enseignants ?

Pour les enseignant-es le premier ministre renvoie à des discussions sur les carrières et les métiers, ne levant le flou ni sur les compensations, ni sur la revalorisation. En outre, en évoquant le fait de repenser le métier, il confirme ainsi les propos du ministre de l’éducation nationale sur les contreparties inacceptables liées aux missions et au temps de travail. Cela ne répond aucunement au besoin de revaloriser les salaires des enseignant-es.

Communiqué de presse de la FSU

Le gouvernement s’obstine   Dans un contexte de mobilisations historiques, les annonces du Premier ministre confirment que le gouvernement maintient son choix d’une retraite universelle par points ainsi que son calendrier d’élaboration d’un projet de loi. Il n’a donc pas pris la mesure des revendications et de la colère exprimées massivement depuis plusieurs jours dans les grèves et manifestations comme le 5 décembre dernier. Le premier ministre n’a pas levé le flou sur les contenus de la réforme, il a en revanche confirmé la dégradation de la situation notamment avec la mise en place d’un âge pivot à 64 ans, la suppression de tous les régimes spéciaux et la fin du code des pensions. La FSU continue d’affirmer que cette réforme sera inégalitaire, notamment entre les femmes et les hommes, et qu’elle conduira à une baisse du niveau des pensions pour toutes et tous les salarié.es. Les agents.es de la Fonction Publique seraient particulièrement impacté.es par les effets néfastes de ce nouveau système en particulier pour les bas salaires. 

Les enseignant.es sont plus inquiet.es qu’ils et elles ne l’étaient déjà. Le Premier ministre, bien que reconnaissant les pertes, ne propose aucune solution et renvoie à des discussions sur les carrières et les métiers, ne levant le flou ni sur les compensations, si sur la revalorisation. En outre, il confirme ainsi les propos du ministre de l’Education nationale sur les contreparties inacceptables liées aux missions et au temps de travail. Il n’a eu aucun mot pour les personnels non-enseignants.

Les mesures concernant la transition avec une réforme applicable à partir des générations 1975 laisse à penser que nous pourrions accepter de laisser « l’héritage » d’un système des retraites défavorable aux générations à venir. Il maintient le cap, joue la division entre les catégories et les générations, et confirme une réforme qui lèsera tout le monde.

C’est pourquoi la FSU appelle les agent.es de la Fonction Publique, les salarié.es, les jeunes, les retraité.es à poursuivre et amplifier les mobilisations et de s’engager avec force dans les actions décidées par l’intersyndicale interprofessionnelle du 10 décembre, dès le 12 décembre localement, puis le week-end, et de faire du 17 décembre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations.   Clermont Ferrand, le 11 décembre 2019

 

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