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8 décembre 2003

Etat avant débat

Où en est l’école aujourd’hui ? Qu’en est-il de ses ambitions d’égalité et de réussite de tous les élèves ? Comment le système éducatif a-t-il évolué ces dernières années ?

Ces questions et bien d’autres valent d’être posées, alors que s’amorce le débat sur l’école, prélude à une nouvelle loi d’orientation annoncée pour fin 2004. Mesurer le chemin parcouru tout autant que les insuffisances du système s’avère indispensable . Le diagnostic doit être partagé, affirme le Premier ministre, toute la question est de savoir sur quoi il doit porter. Dans la loi d’orientation de 1989, une des premières missions assignée à l’école est de permettre à " tous d’acquérir un niveau de qualification reconnu grâce auquel ils pourront exprimer leurs capacités à entrer dans la vie active ". L’obtention au minimum d’un CAP ou d’un BEP, conduire 80 % des élèves au niveau du baccalauréat constitue des objectifs déclarés. En cela, la loi voulait s’inscrire dans la continuité du mouvement de démocratisation de l’école déjà engagé.

Aujourd’hui, les statistiques dressent un tableau mitigé de la situation scolaire.

Premier constat : les taux de scolarisation et de réussite ont progressé sensiblement, même si tous les objectifs n’ont pas été atteints. Par exemple, depuis la fin des années 80 le taux de réussite au Bac par tranche d’âge s’est stabilisé autour de 70 % alors qu’il n’était que de 34 % au début de la décennie. Le pourcentage de jeunes sortant du système éducatif sans qualification a nettement diminué passant de 35% en 1965 à 7% aujourd’hui.

Second constat : si l’école progresse globalement à la satisfaction de la grande majorité de l’opinion, les inégalités perdurent.

Elles sont sans doute moins nombreuses qu’avant comme le laissent penser les études conduites sur ce sujet, telle celle de Marie Duru-Bellat et Annick Kieffer en 1999 *. Mais dans le même temps, il convient sans doute de s’interroger sur les limites du système actuel. La stagnation du taux de réussite indique que l’école reste confrontée à un taux d’échec qui ne diminue plus ; comme si on avait à faire à un " noyau dur " auquel le système éducatif ne serait pas capable d’apporter de réponses adaptées. Mission impossible ou pas ? Pourra-t-on poursuivre le mouvement de démocratisation ? Si "ce n’est pas l’école elle-même qui est responsable ", estime le sociologue Bernard Lahire que peut-elle faire pour les élèves en grande difficulté scolaire qui, bien souvent cumulent des difficultés sociales, économiques et parfois fa miliales ? Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron ont mis en évidence le poids de l’héritage culturel dans la réussite ou l’échec des élèves. Il n’est cependant pas question de l’élever au rang d’un nouveau d "terminisme après celui de l’idéologie des " dons " qui a longtemps influencé l’organisation du système éducatif. L’école n’est donc pas condamnée à l’impuissance face aux inégalités. Toute la question est de savoir que faire !

La loi de 89 a par exemple préconisé l’organisation de l’enseignement primaire par cycles

Elle a rappelé que " l’élève est au centre du système éducatif ", et a encouragé les pratiques de pédagogie différenciée, suivant ainsi une évolution engagée antérieurement, par l’école et les enseignants. Mais dans la réalité, les difficultés, les obstacles sont vécus au quotidien dans les écoles car il n’y a pas de solution toute faite ou de recette miracle. " Il faut accepter qu’on ne puisse avancer qu’à petits pas, sans jamais renoncer à cette politique éducative exigeante qui s’est donnée pour objectif de n’abandonner aucun élève sur le bord du chemin", estime Jean Hébrard, inspecteur général de l’éducation nationale Illustration de ce propos, le débat actuel sur la lecture qui ne saurait être réduit à une question de méthode d’apprentissage, montre que beaucoup reste à faire pour plus de réussite à l’école. Dans les écoles, les enseignants restent mobilisés autour de cette préoccupation. Les réponses qu’ils apportent témoignent de leur volonté, mais aussi des difficultés qu’ils rencontrent. Et l’on mesure à l’aune de leurs expériences qu’on ne saurait exclure du débat sur l’avenir de l’école la question des moyens. La loi de 1989 préconisait par exemple le développement du travail en équipe, exigence à laquelle souscrit le SNUipp tout en demandant plus de formation et plus de temps de concertation et des enseignants supplémentaires.

* enquête Formation - Qualification professionnelle I N S E E

 

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