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9 février 2007

La FSU quitte le CDEN du 9 février 2007

La situation de l’enseignement se dégrade d’année en année. Trop c’est trop. La suppression de 2 postes est la goutte qui fait déborder le vase. La FSU a quitté le CDEN après lecture de la déclaration suivante :

Déclaration au CDEN du Lot du 09 février 2007

La FSU a perçu l’annonce des 44 postes attribués à l’Académie de Toulouse par le ministère comme un mauvais coup de plus porté à l’Ecole Publique. Mr le Recteur a lui- même été contraint de reconnaître l’insuffisance de la dotation. 44 postes pour l’académie c’est, au vu des prévisions d’effectif, un poste pour 67 élèves. La répartition des postes par département proposée le 19 janvier impactera une nouvelle dégradation très importante des conditions de travail des élèves et d’enseignement des collègues dans l’ensemble des départements.

Dans le LOT, pour le premier degré, avec - 35 élèves vous fermez 2 postes, ce qui signifie qu’avec - 18 élèves on ferme, sans état d’âme, une classe. Mais l’an passé avec + 193 élèves, nous n’avons pas ouvert 1 seul poste. La machine ne fonctionnerait-elle que dans un sens ? Si ce n’était pas aussi sérieux on pourrait en rire !

On nous a souvent demandé de faire preuve de solidarité mais c’est de fausse solidarité dont il s’agit : on dégrade la situation d’un côté, en général en fermant des classes dans les départements ruraux sous le faux prétexte d’une démographie galopante dans l’agglomération toulousaine. Pour autant on ne répond pas aux besoins de Toulouse : le département de la Haute Garonne voit son P/E passer de 5,14 à 5,15.

C’est toute la carte scolaire que nous avons à étudier aujourd’hui qui est lourdement affectée par le retrait de 2 postes. Les propositions ne nous surprennent pas, elles sont à l’image d’une volonté de gestion technocratique. Le maintien et l’amélioration du système éducatif qui devraient être les principaux soucis de tout décideur responsable, sont largement occultés par l’unique préoccupation dogmatique de réduire les dépenses de l’Etat. LA FSU n’acceptera jamais de cautionner cette politique de liquidation de l’Ecole.

Depuis plusieurs années maintenant le taux d’encadrement ne cesse de baisser. Le LOT scolarise environ 500 élèves de plus depuis 6 ans, avec 5 enseignants de moins. Les écoles maternelles qui ont fait les frais de la carte scolaire l’an passé voient cette année leurs effectifs singulièrement augmenter et c’est la scolarisation des 2 ans qui ne se fait pas ou qui ne peut se faire dans de bonnes conditions. Or tous les spécialistes en témoignent : cet accueil est primordial. C’est de sa bonne qualité que dépend la réussite de nos élèves et des citoyens de demain. Aujourd’hui c’est aux écoles élémentaires que vous vous attaquez. Cahors 1 fera cette année les frais de cette carte scolaire avec pas moins de 5 propositions de fermeture sur 9 dans le département du LOT. Pourtant, dans les écoles élémentaires proposées à la fermeture, si nous observons les moyennes du nombre d’élèves, force est de constater que ces moyennes sont idéales pour un travail efficace, une prise en compte de la diversité des élèves et la lutte contre l’échec scolaire.

Des évaluations nationales sont faites à la rentrée scolaire pour les classes de CP, de CE1 et de CE2. Ces évaluations devraient permettre une remédiation. De PPAP ( projet personnalisé d’aide et de progrès) en PPRE ( projet personnel de réussite éducative) : les sigles changent mais il n’y a toujours aucun moyen nouveau. A la FSU nous continuons d’affirmer que dans un contexte social de plus en plus difficile, c’est bien d’un allègement des effectifs et d’une amélioration des conditions de travail dont ont besoin les enseignants de ce département pour la réussite de tous leurs élèves ( voir le dossier « Impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles collèges et lycées français »dossier n° 173 de la DEP (direction de l’évaluation et de la prospective : ministère de l’Education Nationale )publié en mars 2006). C’était d’ailleurs le but de nos propositions : appliquer les critères d’ouverture et de fermeture de l’école élémentaire à l’école maternelle lors de notre dernier CTPD et d’avoir une attention particulière pour les RPI.

Que dire de l’ASH si ce n’est qu’elle a perdu en quelques années 11% des personnels, que les RASED, souvent incomplets (absence de Psy), croulent sous les demandes d’aide et se déplacent à leur frais. Ce n’est pas l’enveloppe ridicule qui leur est allouée qui leur permet de couvrir leurs frais de déplacement ! A tout cela se rajoute le problème des remplacements. Depuis quelques semaines nous constatons que dans les circonscriptions les remplacements ne sont plus assurés. La FSU exige depuis toujours une augmentation des recrutements et des maîtres surnuméraires.

Comment l’Etat répond-il aux exigences de moyens pour l’éducation nationale ? En recrutant, souvent en force, dans les écoles, des personnels sur des contrats précaires : CAE, CAV . Il faut dire que ce type d’action a au moins l’immense mérite de maquiller les chiffres du chômage (les prochains contrat de 6 mois seront signés en mars ) mais certainement pas d’aider ces personnes. Ont-elles été formées à l’emploi ? Suivent-elles une formation qualifiante ? Sont-elles défrayées de leur frais de déplacement ? Bien sûr que non. Tout ça pour un smic horaire de 20h par semaine soit 450€/mensuel. Même pas de quoi vivre décemment. L’Etat est le premier employeurs de précaires : les salariés qui n’ont pas les moyens de se loger que le grand public vient de découvrir dans la crise des « Enfants de Don Quichotte » A la FSU nous pensons qu’une politique de l’Education ambitieuse pour tous les élèves est nécessaire dans notre pays. Les mesures, les discours rétrogrades et démagogiques du ministre (sur la lecture, la grammaire sur l’apprentissage à 14 ans et maintenant le calcul mental, ...) tournent le dos à cette ambition . Elles n’ont qu’un but : dédouaner les politiques gouvernementales tout en jetant le discrédit sur le travail, les pratiques des équipes pédagogiques.

A tout cela s’ajoute l’autoritarisme à tous les étages : sanctions contre les directrice(teur)s en blocage administratif, décisions prises sans concertation (fléchage de postes, transformation des ZIL, implantation des maîtres formateurs...) Après la casse des services publics de l’énergie, après la casse de la Poste, ...la casse du service public d’éducation est en marche. Actuellement, on est même passé à la vitesse supérieure. C’est bien cela que dénonçaient les personnels de l’Education Nationale en défilant à Paris le 20 janvier et majoritairement en grève hier, 8 février.

Tout cela ne peut que renforcer notre détermination à développer la mobilisation pour la défense et l’amélioration de l’Ecole Publique et Laïque.

C’est pourquoi, après un CTPD stérile, dans lequel il n’a été question que de répartition de la misère, et n’ayant plus rien à négocier dans cette instance où « les jeux sont déjà faits », les représentants de la délégation FSU, ont décidé de ne pas siéger à ce CDEN. Nous ne pouvons pas, en effet, cautionner par notre présence, les nouvelles restrictions et les nouvelles dégradations du Service Public d’Education qui vont être décidées aujourd’hui.

A Cahors le 09 février 2007

 

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