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30 mars 2020

Déclaration de la FSU 46 au CHSCT du Lot du 30 mars

Les personnels de l’éducation nationale du Lot ont vécu une très difficile journée de travail le vendredi 13 mars. Notamment dans le premier degré où sans directives (elles ne sont arrivées qu’après 15 h) ils ont du tout à la fois répondre aux questions et à l’angoisse des parents, préparer de leur propre initiative des documents qui allaient permettre de débuter la continuité pédagogique et (bien sûr) assurer l’enseignement dans leur classe. Ce jour là les personnels administratifs des EPLE ou de la DSDEN ont également été sur la brèche et dans le flou.

Depuis l’engagement des enseignants ne s’est pas démenti : tous s’engagent et déploient beaucoup d’énergie pour assurer un lien avec les élèves et les familles, pour maintenir, autant que faire se peut, une activité en dépit des difficultés matérielles et de l’impréparation totale de notre ministère (ENT saturés, méconnaissance des dispositifs Ent existants et usage illégal d’applications proposées par des officines privées). Et parallèlement, les propos ministériels et la communication institutionnelle sont trop fréquemment virtuels et détachés de la réalité quotidienne ; ils confinent parfois au déni de réalité. Ainsi la déclaration récente de la porte-parole du gouvernement sur « les enseignants qui ne travaillent pas en ce moment » a été jugée scandaleuse par nos collègues quand eux jonglent parfois entre continuité pédagogique, accueil des enfants de soignants et enseignement à leurs propres enfants. Le travail quotidien est important pour les enseignants car ils doivent, avec leur propre matériel, adapter leurs cours à du distanciel ce qui est parfaitement chronophage lorsqu’on veut s’y atteler correctement. Aménager un poste de travail chez soi tout en continuant souvent à enseigner quotidiennement à ses propres enfants génère des RPS d’un type nouveau.

Nous sommes dans une situation hors norme

il est donc important que des protocoles précis et sécurisants soient adoptés et communiqués, dans le respect des réglementations. La crise sanitaire et le confinement qui en découle angoissent tous les individus et les placent dans des situations personnelles difficiles. Cela a forcément un effet sur les capacités de travail de chacune et de chacun et sur la mise en œuvre des modalités de travail, tout à fait inhabituelles. Les injonctions à poursuivre l’activité scolaire comme si l’on était encore en établissement, à l’école ou dans les services, ou comme si les choses avaient été un tant soit peu anticipées, sont, dans ce cadre, intenables. Elles alimentent encore stress et désorganisation. Elles constituent donc des manquements au devoir de protection des personnels, en ce qu’elles dégradent encore leurs conditions de travail, dans un contexte de confinement déjà lourd. A ce stade, nul ne peut prévoir quelle sera l’évolution de la situation, mais il est certain qu’elle va se prolonger durablement ; l’urgence « à faire » est donc désormais bien moindre ; il faut au contraire construire dans la durée l’activité des personnels, et adapter dès maintenant la charge de travail. Pour la FSU, il est également impératif d’anticiper, et d’envisager différentes hypothèses pour que l’institution ne laisse pas les personnels pris de court, comme ce fut le cas le vendredi 13 mars et le lundi 16 mars. La question des finalités de la continuité pédagogique (lien avec les élèves, stabilisation des connaissances, aide au confinement des élèves) se pose avec acuité, et va conditionner les pratiques, l’instauration des routines indispensables, la construction de la progression pédagogique. Les décisions qui sont prises, ou qui ne sont pas prises, ont dès maintenant des incidences sur l’exercice du métier dans ce contexte dégradé, et donc sur les conditions de travail. Va t-on courir le risque d’accentuer les inégalités scolaires en abordant des notions que certains ne seront pas en mesure d’appréhender seuls et à distance du fait de la fracture numérique et/ou de l’environnement familial ? Cette question se pose dès la maternelle notamment pour les enfants allophones. Dans le second degré, elle rejoint la question des examens. Dans ce domaine, comme pour toutes les questions qui portent sur l’organisation de l’année scolaire ou la continuité administrative, les décisions doivent être anticipées. La concertation avec les organisations représentatives est primordiale et doit se tenir dans les meilleurs délais, dans le respect des formes réglementaires.

La FSU rappelle également ses demandes de protection des personnels accueillant les enfants des personnels soignants-es, nous continuons de penser qu’un cadrage départemental est nécessaire afin que tous les locaux bénéficient des mêmes règles de désinfection, des mêmes possibilités de se protéger (les communes font marcher le bon sens, mais les personnels territoriaux et d’état ne doivent pas être exposés à une heure ou encore les doutes subsistent sur le temps pendant lequel un objet une zone restent contagieux.). Nous demandons enfin que les personnels ne soient pas obligés de se rendre dans les écoles, établissements et services lorsque ce n’est pas indispensable, en particulier pour les plus précaires qui ne doivent pas payer de leur santé leur précarité (article 28 loi 83-634).

FSU 46 le 30 mars 2020, CHSCT du Lot

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la FSU s’exprime la depeche

 

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